pas de brûlure
pas de glace
être dans son image
à la place de sa place
il y a un objet sans face
ou il y a encore autre, un trait, quelquefois plusieurs
plutôt un trait, un cercle
parallèle, des parallèles
des lignes, des traits fuyants
leur ombre en retard
le reflet de l'ombre n'est pas à son espace
sable, sable, sable, eau
Quand il reste, épars
des regrets fourmillants
des souvenirs grouillants et vampires
surtout ne pas les panser
les maintenir dans un oubli factice
factice comme ce réel amnésique
je me souviens
je me souviens d'elle
je ne me souviens que de ne pas me souvenir d'elle
ne pas sombrer
ne pas couler
rester fantôme presque vivant, presque mort
sur le fil tranchant de la mémoire
j'aimerais
j'aimerai
quelques décennies d'attente tranquille
avant que de se laisser dissoudre
le défilé immobile des lunes artificielles
m'accompagne au long des errances nocturnes
la nuit remplace le jour
la nuit remplace tout
elle s'installe dans des âmes pèlerines
nomades somnambules
phalènes de bar en bar
laissant la raison s'éthérer au fil des boissons fortes
de la fumée mirage
pas de rencontres, pas de mots
juste pénétrer calmement dans un oubli éphémère
demain n'existe plus
demain n'est plus
l'instant éternel nous berce de ses bras
tout est liquide, doré, soyeux
votre chair d'enchères
vous valez votre poids
le poid de vos lourdeurs nombrilistes
centre de ce monde que vous ne créez pas
mais qui tourne autour de votre sexe
gouffre noir, trou noir
vous aspirez les galaxies de la raison
votre naiveté est incommensurable
ne voyez vous pas que vous êtes le monde
dans mes pensées, dans mon esprit
il n'y a que vous depuis toujours
jusqu'au sommeil habité par votre absence
que nulle chair ne viendra combler
pénétrer ce goufre jusqu'à disparaître
je n'existe déjà plus
vous avez volé mon esprit
dès que celui-ci est né
la chaine s'approche
elle ronge
elle corrode
elle corrompt
rendez-moi la réalité
mais non, vous êtes la réalité
dans la moindre de ses absences
de ses gestes avortés
des voix qui résonnent
qui chantent
méditer
rêver
être
est
un
o
dans ma réalité déformée
meilleur ennemi de moi-même
dans l'absence de moi-m'aime
la nuit s'étend
accueille les bancals
elle est un berceau de chances
rejoignant la somme des solitudes
l'uniforme profond du noir
énergie
matière
atome
molécule
cellule
perception
mémoire
mot
pensée
sensation
émotion
sentiment
esprit
énergie
conscience ?
une âme unique, universelle et éternelle
une conscience unique
une pensée bienveillante et pérenne
ou rien
la possession, le désir et l'ennui
et des rêves, une infinité de rêves blessés
je fait le tour de moi
un arbre, une montagne, un lac
des formes rondes et courbes douces
touchées du regard, seulement du regard
et la pensée qui envahit tout, même les nuits
de nos rêves, que reste t'il au réveil
de nos espoirs que reste t'il dans ce sommeil
nos pensées, engourdies de comas volontaires,
gardent une trace
un jour s'annonce dans ces lendemains
où le berceau accueillant de l'oubli sera mien
mère est amère
père est sa paire
Mère de Père
nourris nous d'idées et d'horizons
fais de ces barreaux, des arbres
entre maintenant,
ou perds les fils de tes pansés
où est nous
tout et son contraire
tout hait son contraire
tout est son contraire
nous sommes surtout de l'eau
nous sommes sur tout de l'eau
et tout revient à l'amer
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